Nouvelle lune et pleine lune : ce qu'est une phase lunaire
Une phase de la Lune est un angle. Vue de la Terre, la Lune s'écarte du Soleil d'un certain nombre de degrés, et c'est cet écart — rien qui appartienne à la Lune elle-même — que nomment la nouvelle lune, le premier quartier, la pleine lune. La Lune est éclairée pour moitié à chaque instant du parcours ; ce qui change est la part de cette moitié qui nous fait face.
Trois choses que l'on peut vérifier soi-même
La nouvelle lune n'est pas absente du ciel : elle y accompagne le Soleil, se lève avec lui et se couche avec lui, et traverse donc le jour. On ne la voit pas pour la même raison qu'on ne voit pas les étoiles à midi. La pleine lune fait l'inverse point pour point — elle se lève quand le Soleil se couche, passe au méridien vers minuit et disparaît à l'aube.
Le bord d'un quartier est droit, et c'est une surprise pour qui attend un croissant. La frontière de l'ombre est un cercle tracé tout autour de la Lune ; à mi-parcours, ce cercle est vu par la tranche, et un cercle vu par la tranche est une ligne.
Enfin, la Lune se lève chaque soir environ cinquante minutes plus tard que la veille. C'est la seule chose, dans tout ce qui suit, dont on n'ait pas besoin d'un calcul pour s'apercevoir : il suffit de regarder deux soirs de suite.
L'angle, et ce qui s'en déduit
L'angle que forment le Soleil et la Lune, mesuré depuis la Terre, s'appelle l'élongation. À 0° la Lune est nouvelle, à 90° au premier quartier, à 180° pleine, à 270° au dernier quartier. La fraction éclairée découle de ce seul angle et s'écrit (1 − cos θ) ÷ 2 : elle passe de zéro à un demi entre la nouvelle lune et le quartier, puis du demi à l'unité, et c'est ce nombre que ce site affiche.
Les trois observations précédentes s'y ramènent d'un coup : une lune opposée au Soleil se lève quand il se couche, une lune conjointe le suit dans sa course, et l'ombre vue par la tranche donne la ligne droite du quartier. L'angle décide de la forme et de l'heure en même temps.
Les degrés se convertissent aussi en signes, cent quatre-vingts degrés faisant six signes du zodiaque. Une phase et un signe lunaire restent pourtant deux mesures distinctes, l'une relative au Soleil et l'autre absolue : /blog/moon-sign expose ce qui les sépare.
Deux longueurs pour un même mois
La Lune revient dans le même signe tous les 27,32 jours et à la même phase tous les 29,53 jours. Les deux jours et quart qui les séparent sont le prix d'une poursuite dont la cible se déplace : le temps que la Lune boucle son tour, le Soleil a avancé, et elle doit le rattraper.
Le calcul tient en une ligne. La Lune parcourt environ 13,18° d'écliptique par jour et le Soleil 0,99° : l'écart s'ouvre de 12,19° par jour, et 360 divisé par 12,19 donne 29,53. Rien n'y est ajusté après coup, le terme d'élongation moyenne inscrit dans la série lunaire de ce site avançant de 12,19074912° par jour. Le ciel tournant de 15° en une heure, ces mêmes 12,19° rendent compte des cinquante minutes de retard au lever.
Douze mois synodiques font onze jours de moins qu'une année, si bien que les calendriers lunaires réclament un mois intercalaire. Le remède classique dure dix-neuf ans, 235 mois synodiques et dix-neuf années tropiques s'accordant à deux heures près. Le comput pascal en a tiré le nombre d'or, la lune de Pâques étant tabulée sur ce cycle plutôt qu'observée.
Les huit noms, et ce qu'ils nomment mal
Ce site distingue huit phases : nouvelle lune, premier croissant, premier quartier, gibbeuse croissante, pleine lune, gibbeuse décroissante, dernier quartier, dernier croissant. Le quartier compte un quart du cycle et non un quart du disque — un premier quartier est éclairé de moitié, et c'est le contresens le plus répandu sur le mot. Gibbeuse vient du latin gibbus, la bosse, et couvre tout ce qui se tient entre la moitié et le plein.
Les huit désignent ici des intervalles et non des instants : chacun couvre un huitième du mois synodique, soit environ trois jours et seize heures, centré sur la phase dont il porte le nom. Une lune dessinée accompagne le nom sur les pages du jour, éclairée à droite lorsqu'elle croît, à gauche lorsqu'elle décroît.
Toutes les langues ne comptent pas les formes. Dans ses pages japonaises, ce site imprime des noms tirés de l'ancien calendrier lunaire, qui comptent les nuits : celle de la treizième, celle de la dix-neuvième enfin, si tardive qu'on l'attend couché. Le français a de son côté gardé la lune rousse, qui n'est pas une phase mais la lunaison suivant Pâques, à laquelle les jardiniers imputaient les gelées d'avril.
Ce que la tradition y lit, et où le calcul s'arrête
La nouvelle lune est présente et invisible, et la tradition a rangé en ce point ce qui n'a pas encore pris forme : l'intention, le commencement, le projet que l'on n'a pas encore dit. L'usage d'écrire des vœux à la nouvelle lune est récent ; l'association est ancienne. La pleine lune, n'ayant nulle part où se tenir à couvert, se lit à l'inverse comme un achèvement et comme une opposition à la fois.
La croyance selon laquelle elle trouble le sommeil et l'humeur est ancienne et fort répandue. Elle est tenue ici pour une tradition et non pour un effet établi. La fraction éclairée entre bien dans les données à partir desquelles le texte du jour est écrit, mais ce texte est écrit par Claude, une IA, dans la tradition astrologique, tandis que l'astronomie ne l'est pas.
Reste une limite qu'il vaut mieux dire. La phase est comptée depuis une nouvelle lune de référence — le 6 janvier 2000 à 18 h 14 UTC — en mois synodiques moyens. Le compte étant moyen, l'instant vrai d'une nouvelle ou d'une pleine lune peut tomber jusqu'à une demi-journée du centre du nom qui lui revient : c'est pourquoi aucune table des pleines lunes à la minute n'est publiée ici.